La Neige en 1956


Tout le monde se souvient de la neige en 1956, les témoignages ne manquent pas :

Déjà, la veille au soir, en rentrant de l'école, il y avait 30 centimètres de neige. Il a neigé toute la nuit, il y a eu du vent, ça a poussé la neige contre les maisons, à certains endroits, il y en avait 1,20 mètre .

Le 28 Février au matin, on ne pouvait ouvrir ni les portes ni les fenêtres. Devant mon portail, il y avait un congère qui faisait 1 mètre d'épaisseur, 7/8 mètres de long, et 2 m de haut, c'était magnifique.

A Sabarèges, il y avait 1 mètre de neige et l'Estey était complètement gelé. On jouait sur la glace.

Les gens qui avaient du bétail devaient aller à la fontaine avec des bastes pour rapporter de l'eau à leurs bêtes.

La nuit suivante, il à fait moins 23 degrés. Avant de sortir, on allait se chauffer de gros marrons ou des cailloux, pour avoir chaud aux mains, et on avait des bottines en caoutchouc.

Impossible de circuler, les boulangers ne passaient plus. Quelques habitants du village sont partis à Ambares, chercher du pain pour tout le monde.

Après quelques jours, Rifaux nous a bien aidé. Il avait arrangé un truc avec deux planches en V, qu'il tirait derrière son tracteur pour déblayer un peu les routes.

La neige, tombée en quantité inhabituelle, est restée au moins 15 jours, elle a fait de gros dégâts. Certains propriétaires, dont les vignes et les plantations d'arbres fruitiers ont été dévastées, n'ont pas replanté. De nombreux ouvriers agricoles, sans travail, se sont fait embaucher dans les usines de la région.

Cette période, a sans aucun doute contribué à l'évolution de la société dans toute la région. Elle a même complètement bouleversé la vie de certains :

L'un de nos voisins proche, qui travaillait dans les vignes à cette époque, de l'autre côté de la Dordogne , pour un gros propriétaire, a perdu son emploi. Le patron ne pouvait plus payer les salaires mais il a proposé à ses employés de se partager le revenu de la vente du vin de l'année, pour les dédommager.

Bien entendu, la récolte n'a pas été très importante, ce qui a fait monter les cours.

Notre voisin a donc bénéficié d'une somme suffisamment importante qui lui a permit d'assurer l'apport personnel, et d'obtenir le prêt de sa maison dans le quartier, pour, ensuite travailler à l'usine.

 

 


Merci à Max Yon, à Fédéracion et Louis Boizard, à Sylvette Laguyonie


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