L'Hiver - Travaux Agricoles

L'hiver était la saison de la taille et de l'entretien.


dessin

Taille de la vigne, élagage des arbres, coupe de bois pour les cheminées et la cuisinire,et aussi coupe du vime, les repousses de saules de l'année à la belle couleur jaune d'or.

On coupait les vimes àl'entrée de l'hiver, après la tombe des feuilles, des fois on se gelait les doigts pour les couper ! Quand il faisait très froid, on faisait un bon feu dans la cheminée et on triait les vimes par taille. Les petits étaient mis en fagots pour attacher les astes, les moyens servaient à attacher les pieds de vigne aux carassones et les gros à lier les fagots de sarment. Quand ils étaient trop gros, on les fendait, mais ils étaient moins souples et risquaient de se casser quand on les tordait. Quelques fois, quand on en manquait, et qu'il en restait de l'année dernière, on les faisait tremper.

Pour faire les carassonnes, (les piquets des vignes),on coupait les acacias. Pour des piquets pas chers, on prenait les aubiers (saules), plus fragiles que l' acacia, on les coupait aux dimensions et on les mettait dans de l'eau pour que la sève monte, on les pelait, on les aiguisait et on les mettait dans des récipients avec du sulfate de cuivre, pour que le cuivre monte.

"Ceux qui avaient des animaux, dans les marais, pour faire les litières, coupaient la bauge (mélange de joncs et de grandes herbes), avec une petite faux qu'on appelait daillot.

Pour les régions où il n'y avait pas de marais, les litières se coupaient dans les bois : mélange de fougères, d'ajoncs et de brande. Le tout un peu piquant, mais renommé pour la qualité du fumier. Dans les propriétés où l'on faisait des céréales, on n'employait que de la paille."

Entretien des fossés et des ruisseaux : les propriétaires nettoyaient l'Estey jusqu'à moitié, devant chez eux.

Entretien de la vigne : "Dans la vigne, on labourait, on chaussait les rangs de vigne pour éviter la gelée du porte greffe, et éviter que les racines ne restent en surface. et on faisait les bouts. Dans le haut où arrivait l'eau, pour pas que ça se noie, on passait la charrue, on remontait la terre pour que l'eau s'écoule. En bas, on ouvrait les fonds pour que l'eau s'écoule plus loin. Et même, les maniaques relevaient les hauts à la main. On raclait à la bèche et on passait un coup de balais en buisson pour que ça soit plus joli.

Il y avait aussi les transports de terre, surtout dans les vignes en pente. Il fallait de temps en temps remonter la terre. Je me souviens que le patron donnait 5 sous soit 25 centimes (d'anciens francs) par brouette, en 1938, à mon frère âgé de 15 ans."

Merci à Max Yon, à Fédéracion et Louis Boizard, à Sylvette Laguyonie, et à Michel Couleau pour le dessin.