L'Histoire de Max

Deuxième épisode : Max et ses parents

 

La mère de Max était couturière. Elle travaillait chez la grand-mère de Monsieur Yadro, qui avec sa fille et ses employées lançait la mode, grâce aux livres qu'elle recevait de Paris tous les ans.

L'atelier de couture

Quand elles arrivaient au bal, les Ambarésiennes étaient curieuses de découvrir leurs nouvelles toilettes.

Elle épouse un habitant du Chemin de la Vie. Sellier , bourrelier, il refaisait aussi les matelas et les fauteuils. Il était ami avec le père du célèbre Max Linder qui habitait Saint Loubes. Leurs deux fils reçurent le même prénom.

Max fréquente l'école des garçons. Après le brevet élémentaire, à 15 ans il est engagé à l'usine d'Everitube, où il reçoit une formation de comptabilité.

Il n'y restera que 4 ans .Les terres appartenant à sa famille les cours d'arboriculture qu'il prenait le Dimanche, et son besoin de liberté sont de bonnes raisons pour lui de revenir à l'agriculture, contrairement aux garçons de sa génération, qui préfèrent le travail à l'usine.

Il dit lui-même : "Je n'aimais ni les patrons, ni les pendules !"

Il est obligé de participer au STO (Service de Travail Obligatoire) de 1943 à 1945, dans une usine de Dresde et échappera heureusement aux bombardement qui ont presque entièrement détruit la ville.

A l'époque, dans les années 50, il y avait encore beaucoup de producteurs de fruits et de légumes dans le quartier. Deux transporteurs faisaient la tournée de ramassage et fournissaient les mandataires, qui vendaient aux cours et prenaient leur commission.

Les terrains agricoles de la palue de Sabarèges étaient constitués en parties de terres de colmatage, amendées par les alluvions de la Garonne et donnaient de très beaux légumes, de plus, il n'y avait pas autant de produits venant d'autres régions, (encore moins d'autres pays !) donc, aucune difficulté pour les vendre.

Même aux Capucins, les clients connaissaient et choisissaient leurs producteurs, et achetaient moins volontiers les légumes du Lot et Garonne. Un restaurateur bordelais n'utilisait que des fruits et légumes venant de chez Max. La culture des primeures, cultures protégées du froid et récoltées un peu plus tôt, permettait de gagner un peu plus.

Plus tard les légumes laissent la place aux arbres fruitiers, des pêchers, comme partout dans la région au milieu des vignes, des poiriers, des pommiers. Le ramassage et le conditionnement des fruits offre un travail saisonnier aux gens du quartier, et Max livre lui-même aux Capucins. A la saison, en fin d'après-midi, le démarrage du tube Citroën chargé de cageots, fait partie des bruits familiers.

 

Gabarit pour la taille des fruits

En 1964, début de la production d'engrais de l'usine Pierrefitte, et, cette année là, pas une pêche. Les arbres, brûlés par les fumées acides ont du être arrachés et les agriculteurs n'ont pas eu d'autres choix que de se limiter à des cultures moins fragiles sur des terrains moins exposés.

Panier en bois qui contenait 2 kg de fraises

Dans les années 70, il reste encore une production importante de différentes variétés de poires, quelques variétés de pommes et des fraises, dont les premières, en primeures arrivent pour Paques.

La retraite a marqué pour Max et Josette, son épouse, la fin de la production de fruits, mais pas celle du travail de la terre… Les champs de pêchers ont disparu, il reste le savoir faire, qui se transmet.

Au printemps, Max fait le tour des vergers pour tailler les arbres fruitiers il explique, la taille, les greffes et l'entretien des vergers, et son potager, en bordure de la palue de Sabarèges est encore, sans nul doute, l'un des plus beaux du quartier.

 

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