Jilinia

 

8 Avril - Sortie

 

 

Ils se retrouvent  tous pour le déjeuner.

 

Angel et ses fils arrivent les derniers :

-    Je suis allé au cirque, rien n'a bougé. L'eau coule encore au fond de la galerie on ne peut pas sortir par là.

              

Ils rassemblent quelques outils, des vêtements chauds et des lampes. Une quinzaine d'entre eux se prépare à sortir et enfin, avoir une idée de ce qui est arrivé.

 

En remontant vers la sortie,  ils ont la joie de constater qu' il fait de plus en plus clair, et qu'ils peuvent éteindre les lampes.  Ils dégagent les passages obturés par des pierres et progressent rapidement vers la sortie.

 

En arrivant à l'extérieur, ils sont obligés de protéger leurs yeux de cette lumière vive dont ils ont perdu l'habitude.

 

Sam, que Magalie avait porté jusque là, se tortille en poussant de petits cris, jusqu'à ce qu'elle le lâche. Il détale à toute vitesse en soulevant un nuage de poussière, éternuant, crachant et aboyant, s'éloignant et revenant vers eux sans cesse

 

-    ALLEGRIA ! crie Pablo en gesticulant et sautant sur place.

 

Pour la première fois, depuis des jours et des jours, ils peuvent voir très loin à l’horizon. Les quelques sorties précédentes, dans la grisaille et le vent n'offraient pas de visibilité au-delà de quelques dizaines de mètres. Cette fois, ils voient les collines alentour, les montagnes au loin et ce qui leur semble une grande étendue d'eau à l'endroit où se trouvaient le vallée et le bourg.

Ils sont tellement stupéfaits en découvrant ce nouveau paysage qu’ils attachent peu d’importance à l’absence de végétation et à la disparition des arbres.

Même ceux qui sont nés au pays ne s'y reconnaissent pas. Les alentours sont repérables grâce à quelques bâtiments, encore debout, en particulier, la grosse ferme fortifiée au-dessus du village, mais les reliefs au loin ne sont plus les mêmes.

-    Qu'est-ce que c'est que toute cette eau ? murmure Etienne , médusé.

 

Les jeunes continuent leurs danses de sioux en hommage au soleil, les autres sont bouche bée devant les bouleversements qu'il découvrent.

Martin se retourne vers les autres :

-    Vous voyez comme moi ? Je ne suis pas drogué par l'oxygène ?

-    Non mon vieux. Lui répond Mathieu, moi aussi, je vois un lac dans la vallée et des montagnes que je ne connaissais pas.

 

Pas d'arbres, des sols gris et ocres et, par endroit, des zones d'un vert vif, brillant au soleil. La pluie s'est arrêtée, elle tombe encore, plus loin sur les montagnes. Le ciel a une curieuse couleur gris bleu, mais la lumière est vive, la chaleur intense.

-    J'ai perdu l'habitude du soleil, dit Mireille, ou il brûle plus qu'avant ?

 

Effectivement, ils ne supporte les rayons du soleil, qui leur brûle les yeux et la peau, et éprouvent le besoin de rejoindre un coin d'ombre.

 

Certains décident de poursuivre l'exploration vers le lac en emportant de quoi manger, les autres rejoignent le sommet de leur colline pour voir tout autour.

 

D'en haut, personne ne reconnaît plus le paysage : côté vallée,  il semble qu'une partie des sols se soit effondrée, tandis que des roches abruptes entourent le nouveau lac. De  l'autre côté, la forme des collines est la même. Les arbres ont disparu, les rochers, plus clairs apparaissent aux endroits balayés par le vent.

 

Ils sont sur un plateau où des éboulis de roches de toutes tailles encadrent des champs autrefois cultivées ou destinés à l'élevage des moutons ou des vaches. De loin, on y voit  une  végétation renaissante, impossible à identifier.

 

Nourdine descend en courant, pressé de la regarder de plus près. Arrivé sur place, il n'ose pas marcher sur ces étendues vertes et les regarde, perplexe :

-   Je ne sais pas ce que c'est, on dirait des mousses ou des lichens, ou des algues...

 

Il se baisse, coupe une petite feuille avec ses ongles, la respire longuement, la froisse un peu, n'ose pas la goûter :

-   On dirait des algues, c'est plus tendre que des lichens, par très fibreux, c'est plutôt beau, mais est-ce que ça se mange ?

 

-    J'ai l'impression que nous sommes pas au bout de nos surprises...dit, Luce. 

Mathilde et Eve arrivent avec des paniers, et dispose de quoi fabriquer des sandwichs sur une nappe posée à même le sol.

Un petit groupe décide de partir aussitôt en exploration.  Ils évitent soigneusement la végétation en marchant sur les rochers ou les chemins caillouteux..

 

Enfin, au détour d'un piton rocheux, ils se retrouvent au-dessus de ce qu'ils pensaient être un grand lac et qui maintenant semble bien être un océan. Une presqu'île montagneuse bouchait l'horizon, maintenant qu'ils l'on dépassée, ils y a de l'eau, à perte de vue. De l'eau agitée de vagues qui se brisent sur les rochers avec violence.

 

-    On était à combien de kilomètres de la mer, avant ?, demande Antonin

 

-    Je ne sais pas... au moins deux cents, lui répond Magalie, pensive...

 

Ils restent un moment à regarder les vagues, puis s'assoient à l'ombre et sortent les repas, et un thermos de thé.

 

Peu de temps après, pressés d'aller voir plus loin, ils laissent leurs sacs sur place et repartent, courant presque.

 

Assez loin, ils aperçoivent une grande plage où les vagues s'étalent plus calmement. L'eau est très foncée, sans doute à cause de la couleur du ciel, pourtant, le soleil est si brillant qu'il est impossible de le regarder. L'atmosphère est surprenante, une lumière très vive dans un ciel très foncé, et il fait vraiment très chaud.

 

Une demi-heure plus tard, ils atteignent une plage sans sable, où les cailloux n'ont pas encore eu le temps de s'user.

 

Pablo et Antonin courent vers l'eau en hurlant.

 

-    Attendez! leur crie Magalie,  on ne sait pas ce que c'est que cette eau...

 

Ils s'arrêtent et attendent les autres. Ensemble ils trempent les mains dans l'eau tiède du bord qui remue des débris de bois noir.

 

Pablo pose le bout de sa langue sur ses doigt :

-    Elle est salée, dit il.

 

Une sensation de fraîcheur soudaine, les ramène à la réalité, le soleil vient de se cacher derrière les rochers. Ils n’ont pas vu le temps passer. En regagnant l'entrée de la grotte,  ils font de grand signes à ceux qui étaient restés à se promener aux alentours en surveillant les enfants.

 

Le chien qui a retrouvé toute sa vitalité, arrive vers eux en courant.

 

 En peu de temps les enfants ont investi les lieux et courent dans les rochers, ou grimpent comme des cabris, le plus haut possible. La promesse pour les jours qui viennent de grandes ballades et même peut-être de baignades les rempli d'allégresse.

 

Les deux futures mamans sont allongées à l'ombre, sur des couvertures.  Justine est belle avec son ventre rond. Elle est fière d'offrir bientôt à leur communauté son quarante quatrième membre.

-   Si c'est une fille,  elle s'appellera Gentiane, dit elle à Marina.  Et je lui donnerai Jillinya, en deuxième prénom. C'est une déesse mère des Aborigènes Australiens. Ils l'appellent, la grande mère ou la mère de tous.

 

Celle-ci attends le bébé d'Anton depuis 5 mois. Très angoissée pendant la période de bouleversements qu'ils viennent de traverser,  elle a dormi tout l'après-midi,  heureuse de retrouver l'air et le vent, enfin détendue.

-    Et si c'est un garçon ?

 

-    C'est Yohan qui choisit, il hésite entre Icare et Alexandre. Je n’aime pas trop Icare, j’aurais peur que ça lui donne des idées de casse-cou.

 

-   Moi j'espère que ce sera un garçon et je voudrais l'appeler Angel, si c'est une fille, peut-être Lali, c'était une sœur de ma grand-mère que j'aimais beaucoup. Anton, ça lui est égal, il est tellement content d'avoir un enfant... 

 

-    Les autres arrivent, dit Justine en se levant et en s'étirant,  Brrr il fait un froid !

 

La terre n’a pas encore eu le temps de se réchauffer, le soleil se couche et le vent est de plus en plus frais. 

 

Ils montent tous ensembles, jusqu’en haut de la colline, pour admirer le ciel d'un jaune orangé, frangé de rose, heureux, émus, reconnaissants envers la nature dont ils ont été éloignés  trop longtemps.

 

Le retour dans la grotte est animé, en file indienne le long des galeries, tout le monde parle en même temps.

-     Moi, je prends à manger, des couvertures et je ressors !  Je dors dehors, dit Manolo.

 

Finalement tous les jeunes Morales prennent leurs édredons, de la nourriture et des bougies et se préparent à remonter. Antonin, Cédric et Magalie les rejoignent, suivis de Camille, qui, de toutes façons ne quitte plus Manolo.

Angel ronchonne en voyant partir Evita, mais il a fort à faire pour empêcher Carmina de les suivre.

-    Mama !  Je te promet, demain je t'installe une roulotte dehors. Mais on ne peut pas faire de feu, il n'y a pas de bois. Cette nuit, tu dors encore avec nous !

 

Arrivés à l'extérieur, ils s'aperçoivent que le vent s'est levé. Ils s'installent dans un plis de rocher pour manger, se serrant les uns contre les autres. Puis ils marchent jusqu'au sommet de la colline, enroulés dans les couvertures.

-    On ne voit pas la lune, ni les étoiles, dit Magalie. En tous cas, il n'y a personne, ou ils n'ont pas de lumière,. On ne voit rien.

 

A leur retour au campement, certains s'endorment , abrités par l'entrée de la grotte. Un peu plus loin, Evita et Manolo chantent doucement accompagnés à la guitare par Paco, les autres parlent tranquillement, échafaudant des projets de cabanes et d'explorations.   

 

 

15 Avril – à l’extérieur

 

Quelques jours plus tard, la pluie a cessé, l’air est de plus en plus chaud, aux heures ensoleillées.

 

L'habitude est prise de passer le plus de temps possible à l'extérieur. Les nuits glaciales incitent certains à dormir à l'abri, avec les enfants, tandis que presque tous les plus jeunes dorment à l'entrée de la grotte ou dans des cavernes découvertes dans la colline. Ils ont presque finit d'aménager leurs nouveaux domaines, heureux de regagner un peu d'indépendance.

 

Cédric est libéré de son plâtre. Il boite encore, et ne peut pas marcher trop longtemps, mais sa rééducation est en bonne voie.

 

Sam refuse énergiquement de redescendre dans la grotte. Il explore les alentours, de plus en plus loin, en créant des pistes que l'on peut repérer dans les cendres grises. Quand il est fatigué, il dort dans un creux de rocher chauffé par le soleil.

 

Carmina a retrouvé sa roulotte, démontée, transportée puis réinstallée par ses petits enfants. Elle pourra même leur demander de la déplacer de temps en temps. Evita a obtenu la permission de dormir avec elle.

 

Les matinées mobilisent tout le monde au nettoyage des futurs jardins potagers.  Ils ne sont pas surs de pouvoir se nourrir de la végétation renaissante,  qui grandit peu à peu. On dirait maintenant  ces plantes qu'on appelle succulentes, avec des feuilles très épaisses gorgées d'eau.  

 

Nourdine et Innocent ont déjà commencé les semis,  repiqué des plants poussés sous terre. Ils veulent faire le plus vite possible un grand nombre d'essais.

 

Avant, ils ont débarrassé la terre d'une croûte de cendres, à la pelle, parfois même, à la pioche.  Ils ont remonté les outils, y compris une vieille charrue que les garçons essayent d'utiliser pour labourer.

 

Les premiers plants de salades ont brûlé au soleil en une journée. Ils ne savaient pas trop comment protéger leurs plantes de ce soleil, implacable dans la journée, et du froid glacial de la nuit. Heureusement, l'air est relativement humide.

 

Ils on fait l'essais de petits murs de pierre, permettant de faire de l'ombre dans la journée tout en emmagasinant de la chaleur restituée dans la nuit. Ils sont suffisamment hauts pour protéger aussi du vent. 

 

Ils devraient permettre de cultiver des bandes de terre d'environ un mètre de large, avec la possibilité d'y tendre des toiles en cas de soleil vertical  ou de gel, l'hiver prochain.

 

Tous les jours, ils font le point sur les travaux, pendant le déjeuner qui réunit encore tout le monde autour d’une grande table installée à l’ombre devant l’entrée de la grotte.

 

 Ce matin, Martin et Innocent ont exploré les alentours, espérant trouver une source.

 

-    Nous ne manquerons pas d’eau, dit Martin, les cours d’eau souterrains sont toujours là, mais pour arroser les jardins ça fait un peu loin. Notre rivière a disparu, sous terre ou dans la mer, il faudrait trouver le moyen de stoker au moins l’eau de pluie. 

 

-    C'était quoi, demande Nourdine,  ce système de remontée d'eau que nous devions installer pour le potager de la coopérative ?

 

-    A oui! Le bélier !  lui répond Innocent, c'est vrai, si nous trouvons une cheminée vers les lacs, ça pourrait marcher. Il doit être entreposé dans des caisses à la réserve. Je crois qu'on a aussi des filets métalliques qui commençaient à être utilisés en Amérique du Sud et dans les déserts Africains pour recueillir l'eau du brouillard. C'est ce qu'il faudrait pour les jardins du haut.

Je ne dirais pas que ça me fait plaisir, dit Luce, mais maintenant on a de vraies raisons d'appliquer les recherches expérimentales qui passaient pour complètement utopistes. Nous aurions du nous en servir bien avant de ne plus avoir d'autre choix, ajoute-t-elle tristement.

 

Martin la prend par les épaules en souriant :

-  C'est le moment de faire l'inventaire de ce qui est à notre disposition. Demain, je voudrais aller à l'ancienne ferme fortifiée. Une partie de la colline s'est effondrée dans le ravin, on doit pouvoir passer à pieds.

 

 

 

 

16 Avril - Vieille Ferme

 

 

Le lendemain matin, Justine et Marina retrouvent Carmina dans sa roulotte pour le petit déjeuner. Elles veulent regarder Yohan, Anton et les autres, partis en reconnaissance, sur l’ancienne route en lacets qui menait à la ferme.

 

Didier  leur a interdit de les suivre. Il les surveille de près et ne veut pas qu'elles se fatiguent. Il n'a  jamais eu l'occasion de pratiquer lui-même un accouchement, il compte sur Carmina et Eve pour l'aider. Toutes les deux ont eu leurs enfants sans médecin et ont aussi assisté d'autres naissances.

 

Marina attrape les jumelles

-    Ca y est ! Je les vois.

 

Ils contournaient la colline et depuis plus d'un quart d'heure, elles les avaient perdus de vue .Ils avancent lentement. La route est encombrée par des pierres et des tas de cendre.

-    Ils en ont bien encore pour une heure, dit Justine.

 

Elle se prépare des tartines de pain à la confiture, du thé dans un verre et revient s'asseoir sur un rocher face à la ferme, près de Marina. Cédric s'installe à côté d’elles.

 

Pendant ce temps, le petit groupe se rapproche du but. Innocent rouspète. Il s'est tordu la cheville en glissant. Une couche plus ou moins épaisse de cendre et d'éléments calcinés recouvre tout, s'accumulant autour des pierres, presque solidifiée par endroits.

 

Yohan suit les autres de près car il n’a plus aucun point de repères :

-    Qu'il fait chaud ! dit-il, on va cramer sous ce soleil. Est-ce que le sol est noir ?

-    La cendre est plutôt grise, mais on est dans un vrai four, lui répond Anton.

 

Sam les suit, toujours galopant et soufflant. Il fait dix fois le chemin à force d'allées et venues.

En arrivant en contrebas des hauts murs  fortifiés, ils doivent emprunter un sentier très raide pour accéder enfin à l'entrée des bâtiments, située de l’autre côté de la colline. Les murs y sont moins élevés et n'ont plus cet aspect majestueux et inquiétant, destiné à protéger les lieux.

 

A leur arrivée dans la cour, ils sont très émus. Certains d'entre eux ont le souvenir de la beauté de ce lieu. Ils savent que personne n'habitait plus ici. Les propriétaires  ne sont pas venus depuis deux ans.

 

Les gardiens ont fuit bien avant leur installation dans la grotte. Eux non plus, ne croyaient pas à leur survie sous terre. Encore une fois, ils étaient passés pour des originaux. Même les gens du village qui aimaient bien Martin et lui donnaient leur confiance pour les affaires de la commune, le trouvaient parfois un peu farfelus avec ses idées écolos.

 

Les ferrures de la grande porte sont par terre, encore fixées aux morceaux de planches noircies par le feu. Les toitures se sont effondrées, mais la plupart des murs sont encore debout, les matériaux les plus fragiles ont disparu. Il reste seulement les éléments métalliques et du bois calciné.

 

Antonin escalade un tas de gravas instable pour se rapprocher des bâtiments

-    Quel dommage ! Je jouais ici avec les enfants, quand maman venait travailler. Je trouvais tout tellement beau ! Il y avait des tapis, des tableaux, des livres et de beaux meubles. J'aurais bien aimé habiter ici. En plus, ils ne venaient que pour les vacances. Le reste du temps tout était fermé. Il n'y avait que les gardiens.

-    Rien ne t'empêche de t'installer ici un jour, lui dit Martin.

-    C'est vrai. Il y a du travail mais ça vaudrait la peine.

 

Sam aboie en les regardant. Il a découvert l'entrée de la cave, creusée dans la falaise. Ils le rejoignent, mais n'osent pas s'y aventurer sans éclairage, et il est déjà tard.

-   On reviendra, dit  Luce.

 

Mathieu regarde le village par l'une des fenêtres donnant sur la vallée.

-   Moi aussi je voudrais retrouver ma maison.

Il se penche a l’extérieur pour observer ce qu’il reste du village :

J’ai l’impression que l’endroit n’a pas trop bougé.

Innocent s’approche de la fenêtre :

-    Par contre le village est en ruines, et tant qu'on n'aura pas éloigné ces rochers en équilibre...

 

Avant de redescendre, ils profitent de l'altitude pour découvrir les environs. Au sud, ils voient le chemin qu'ils ont pris pour arriver, l'éboulement qui leur a permis de passer le ravin, l'autre colline avec l'entrée de la grotte, leur potager, et plus loin, la mer qui scintille au soleil.

 

Martin  regarde le plus loin possible avec les jumelles :

-    Il faudrait faire le tour de cette nouvelle mer.

 

La ferme est le point le plus haut d'une succession de collines et de plateaux, qui, sauf le piton rocheux écroulé dans l'ancien lit du fleuve, n'ont pas trop bougé.

Au Nord et à l'Ouest, l'horizon est barré par les montagnes.

-     J’ai hâte d’aller voir ce qui se passe derrière dit Antonin.