Réunion du 29 mars 2011 à 18H30,  organisée par la CUB à Ambès (cinéma Le Lumen)

 

Compte rendu

Collectif des Associations de la Presqu’île d’Ambès (CAPA) Association «les Oubliés du Blayais»

 

Réunion présidée par deux vice-présidents de la CUB, M. Maurice PIERRE, Maire d’Ambès et M. Jean-Pierre TURON, Maire de Bassens.  Etaient également présents à la tribune M. Dominique STEVENS directeur de la nature à la CUB et M. Jérôme BARON directeur du SMIDDEST.

 

 

Le projet d’aménagement des zones inondables sur la Presqu’île d’Ambès est présenté par une technicienne de la CUB et

M. Denis LARTIGUE chef de projet au cabinet SOGREAH. Il est précisé que la Presqu’île est autonome en termes

de compensation hydraulique.

 

Des zones à protéger en priorité sont identifiées : Zones industrielles et urbaines (projets d’extension compris). Pour ces

zones, des rehaussements de digues sont prévus.

Afin de compenser le renforcement des protections urbaines et industrielles, il est prévu de permettre aux eaux d’inondation

de rejoindre les marais au cœur de la Presqu’île, via des territoires de transfert compris entre les bourgs d’Ambès et de

Saint Vincent de Paul, et sur un linéaire moins important, au nord et au sud de Saint Louis de Montferrand. Dans cette

optique le niveau des digues serait abaissé  principalement sur la commune de Saint Vincent de Paul et au nord du bourg

de Saint Louis de Montferrand. Des digues entrantes seraient créées pour rallonger le linéaire des digues et donc

de débordement.

Nécessité préalable : Remettre en ordre l'hydraulique pour évacuer l’eau à marée basse et protéger l’habitat diffus.

 

Il est précisé qu’un projet similaire est en préparation dans le Blayais.

 

Il est rappelé que c’est le préfet qui prendra la décision de mettre en œuvre le projet, dans le cadre d’un PAPI  (Plan d’Action et de Prévention des Inondations).

 

 

            Les principales interventions de l’assistance (hostiles au projet) :

 

  1. Pourquoi la construction de plusieurs centaines de maisons est elle lancée à Ambès (dans une zone inondable à protéger et à proximité d’usines SEVESO), quand cela nécessite une compensation sous forme d’arasement des digues chez les voisins ?

M. Pierre répond qu’il ne s’agit pas de faire le procès de la ville d’Ambès.

 

  1. Est évoqué le fait que le projet  d’expansion des eaux ne concerne pas des crues de la Garonne, mais bien un phénomène maritime de marée-tempête et de houle. Il est relevé l’absence de mention de cette houle dans les documents présentés.

Il est admis par la technicienne de la CUB, par M. Lartigue (SOGREAH), et par M. Turon, que c’est bien à l’occasion de la marée que l’inondation se produit. SOGREAH affirme que la houle est prise en compte dans sa simulation, sans pouvoir préciser comment, si ce n’est que c’est le R.I.G. (système de modélisation) qui le calcule.

 

  1. Que se passera t-il en cas de tempête sur 2 marées, lorsque la cuvette sera pleine dès la première marée (alors qu’aucun système de vidange rapide n’est prévu dans ce qui est présenté, et que la seconde marée se présentera 12 heures après) ?

Pas de réponse sur la capacité de vider les marais pendant les 4 heures d’une marée basse, ni sur le sort dans

cette hypothèse, des habitants proches de la zone de stockage de l’eau.

 

 

  1. Pourquoi a-t-on cessé de draguer la Garonne et la Dordogne comme cela se faisait autrefois ?

Pas de réponse (compétence du Port autonome).

 

  1. Quelle est la diminution de hauteur d’eau attendue  pour Bordeaux à la suite d’un abaissement des digues  de 20 cm envisagé sur la Presqu’île ?

SOGREAH indique que pour un arasement de 20 cm de la digue sur la presqu’île, la ville de Bordeaux gagne 1 cm

d’eau en moins. Au cours du débat SOGREAH concède que ce niveau gagné n’est pas important, et relève qu’en ce

qui concerne la zone Blayaise, le projet d’arasement des digues n’amènera aucune amélioration sur le niveau de

l’eau à Bordeaux.

 

  1. Qu’est il prévu pour protéger les habitations en hameaux ou isolées, dans les zones sacrifiées ?

Bien que cette question n’ait pas (encore) été étudiée, sont évoquées des digues autour des hameaux ou des

protections individuelles pour les maisons isolées.

M. Turon évoque comme piste, des constructions laissant passer l’eau, telles qu’à Lormont des immeubles de

logement récents édifiés sur pilotis au pied du pont d’Aquitaine, qui s’inspireraient de système hollandais (formule

vantée ultérieurement par un salarié d’A Urba, l’agence d’urbanisme de la CUB).

 

  1. Des expropriations des maisons situées en zone « sacrifiées » sont elles prévues ?

M. Pierre répond : « Ce n’est pas de mon ressort. Adressez vous à l’Etat ».

 

  1. En zone de transfert, comment les eaux franchissant les digues arasées seraient-elles canalisées vers les marais ?

Réponse de SOGREAH : Elles ne seraient pas canalisées, mais s’étaleraient « partout ».

 

  1. Un intervenant déclare à Monsieur Pierre que contrairement à ses souhaits, l’arasement des digues ne se fera pas dans le calme et que la foule sera présente face aux CRS sur les digues lors de l’arrivée des pelleteuses.

Pas de réponse.

 

  1. Un autre intervenant rappelle que les digues en terre à araser destinées à être submergées devront être reconstruites en béton, car l’expérience a montré qu’une digue en terre est emportée par la surverse.

Pas de réponse.

 

  1. Y a t-il d’autres solutions que celle de l’abaissement des digues ?

SOGREAH répond qu’il n’en connait pas d’autres, mais reste ouvert à toute proposition.

 

  1. Pour protéger l’agglomération bordelaise et la centrale nucléaire du Blayais, il est demandé que soit étudiée l’option d’un système destiné à freiner la masse d’eau, en aval de l’estuaire et sur une partie de sa largeur, tout en maintenant le chenal de navigation (genre « brise-lame avec des éléments en béton type XBLOC ou caissons Jarlan, par exemple). Les associations de la Presqu’île demandent que cette hypothèse soit étudiée avec le RIG (outil de modélisation).

A la fin de la réunion, M. Jérôme BARON invitent les associations à formuler une demande en ce sens.

 

  1. Il est demandé que l’on renonce aux extensions urbaines et industrielles en zone inondable (qui nécessitent des compensations ailleurs).

Aucun commentaire en réponse.

 

 

 

 

  1. Il est rappelé que la création, à l’intérieur des terres où le sol est plus bas que sur les berges, d’un linéaire de digues entrantes à la même cote que celle des digues des berges, se traduira par des digues plus hautes. D’où un danger plus important pour les populations en cas de rupture de digue.

Aucun commentaire en réponse.

 

  1. Est souligné le danger généré par l’alternance de tronçons de digues hauts et bas, le courant violent concentré sur les tronçons bas étant extrêmement dangereux pour les populations.

Aucun commentaire en réponse.

 

  1. Est demandé ce qui est prévu face à l’augmentation du niveau de la mer : relèvera-t-on davantage les tronçons de digue déjà rehaussés et baissera t-on davantage celui des tronçons de digues rabaissées ?

Réponse : On s’adaptera le moment venu… On rehaussera les digues

 

  1. Un intervenant déclare que son association attaquera personnellement chaque personne qui aura validé le projet présenté pour mise en danger de la vie d’autrui devant la juridiction pénale.

 

 

Prises de position des maires

 

M. Claude SOUBIRAN, Maire de Saint Vincent de Paul constate que sa commune est sacrifiée, exprime son

désaccord face à l’option d’abaissement des digues. Il demande qu’avant tout, l’hydraulique de la Presqu’île

soit remise en état et que l’on veille à ne pas inonder son bourg par l’arrière.

M. Pierre SOUBABERE, Maire de Saint Louis de Montferrand demande qu’on aille jusqu’au bout de l’étude, et

précise que les élus s’y opposeront si le projet n’est pas bon.

M. Michel HERITIE, Maire d’Ambarès rappelle que le Président de la CUB demande que la solution soit

construite dans le cadre d’une vraie concertation avec la population et les associations. Il dit son désaccord avec

le projet tel que présenté et précise qu’aucune décision n’est prise à ce sujet. Il souhaite que des solutions

alternatives soient recherchées. Il rappelle que les marais qui se trouvent en partie sur le territoire d’Ambarès,

sont classés zone NATURA 2000. Il redit son opposition au projet de plateforme multimodale sur plusieurs

centaines d’hectares en zone champ d’expansion des crues (sur Ambarès entre Bassens et St Louis).

M. Jean Pierre TURON, Maire de Bassens indique qu’il fait préempter par la CUB les maisons inondables situées

sur sa commune en bordure immédiate de Garonne.

M. Jean TOUZEAU, Maire de Lormont, conseiller général et vice président de la CUB rappelle sa solidarité

avec le territoire de la Presqu’île d’Ambès dans le cadre du SPIPA et présente l’expérience des immeubles sur

pilotis évoquée par M.TURON.  

 

Etaient présents dans une salle comble, de nombreux élus de la Presqu’île, la directrice du SPIPA Mme

Florence YOUBI, l’association « les oublies du Blayais et  toutes les associations de la Presqu’île.